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Risque infectieux, facteurs de risques et transmission

Risques infectieux pour le résident*

A l’hôpital, on distingue l’infection communautaire (le patient est admis avec ou pour une infection) et l’infection liée aux soins (=infection nosocomiale) c’est-à-dire qui n’était ni présente, ni en incubation lors de son admission à l’hôpital.

Dans la mesure où l’EMS devient le plus souvent le lieu de vie d’une personne, ces définitions n’ont que peu d’importance pratique et la prévention contre les infections en général fait partie de l’ensemble des mesures préventives relevant de la santé des résidents*.

Les infections respiratoires, urinaires, cutanées, gastro-intestinales et oculaires représentent 80% des infections rencontrées chez les résidents des EMS. Ces infections peuvent être sporadiques ou être observées en flambées épidémiques.

Sources et transmission de micro-organismes

En EMS, la transmission de micro-organismes par contact direct ou indirect (objet contaminé) est très largement prépondérante.

Il a été démontré, à de nombreuses reprises, que les mains du personnel soignant transitoirement contaminées peuvent transférer passivement des micro-organismes d’un résident à l’autre (contact direct).

Dans les cas de transmission par contact indirect, l’objet peut avoir été contaminé par le personnel ou par un autre résident.

La transmission par l’intermédiaire d’un support contaminé (nourriture, liquide de perfusion, etc.) s’observe sporadiquement dans le cadre d’épidémies.

Facteurs de risque liés aux résidents

Sur le plan "physiologique", le vieillissement s’accompagne d’une diminution de la perfusion sanguine, d’un amincissement de la peau, d’une diminution des défenses immunitaires, d’un ralentissement de la motilité gastrique, d’une diminution de l’ampliation thoracique et des réflexes de toux.

A cela s’ajoutent toutes sortes de conditions "pathologiques" comme le diabète, l’incontinence et/ou le port de sonde urinaire, le cancer, la bronchite chronique, les plaies, les ulcères et escarres, le déficit nutritionnel ou l’obésité, les accidents vasculaires cérébraux, la démence et les troubles neurologiques, les troubles de la vue, les handicaps moteurs ainsi que les traitements antibiotiques multiples.

Ces conditions favorisent non seulement le développement d’infections, mais représentent une entrave à l’application adéquate des règles d’hygiène personnelles et collectives par la personne âgée.

Facteurs de risque et exemples d'infections en EMS

Swiss-Noso, volume 6 n°4 bulletin de décembre 1999

Infection Facteurs de risque
Infection urinaire Carence ostrogénique (femme); hypertrophie de la prostate; médicaments provocant une rétention d'urine (antidépresseurs tricycliques, antihypertenseurs) ; sonde à demeure.
Infection respiratoire, pneumonie Diminution de la capacité vitale ; réflexe de toux inefficace ; troubles de déglutition; mauvais état dentaire ; traitements par sédatifs, antacides, inhibiteurs de la pompe à proton ; trachéostomie.
Infection de la peau et des tissus mous Fragilité cutanée ; mobilité réduite ; diabète ; ulcères ; escarres ; chutes à répétition ; insuffisance vasculaire.
Infection du tractus digestif Diminution de la sécrétion gastrique ; diminution de la production locale d'IgA
Tuberculose, zona Diminution de l'immunité cellulaire
Infections diverses Malnutrition protéino-calorique, déficits en minéraux (surtout zinc), carences vitaminiques. Stéroïdes. Colonisation avec des germes multirésistants
Germes multirésistants, état de colonisation chronique Antibiotiques à large spectre, lésions de la peau et des muqueuses.

Facteurs de risque liés à l’établissement

Dans les EMS, il existe souvent une proximité physique non négligeable entre les résidents. Celle-ci est d’ailleurs encouragée pour des raisons "sociales" tout à fait justifiées, comme par exemple: les repas et loisirs en commun, l'ergothérapie, les programmes récréatifs, etc.

Le résident souffrant d’une affection respiratoire, d’une diarrhée ou encore d’une conjonctivite n’est pas forcément exclu de ces activités. De ce fait, le risque de transmission de germes pathogènes est élevé.
De plus, il n’est pas toujours simple de détecter les résidents infectés, car le tableau clinique se présente souvent de façon fruste. Certains peuvent être porteurs de germes pathogènes, notamment de germes multirésistants, sans présenter de symptômes et la transmission de ces micro-organismes peut souvent avoir lieu avant qu’une manifestation clinique ne se présente.

De même la présence de résidents souffrant de troubles du comportement (démence) représente une difficulté supplémentaire puisque les mesures préventives proposées ne sont souvent pas respectées par cette catégorie de population.

D’autres facteurs institutionnels tels l’architecture des locaux, les effectifs restreints du personnel soignant qualifié dans les EMS, jouent un rôle prépondérant dans la transmission des infections. En effet, un quotient personnel soignant qualifié/nombre de résidents bas, des équipes soignantes avec des niveaux de formation très divers ainsi qu’un tournus élevé du personnel et plus précisément du personnel soignant qualifié ont été démontrés comme étant des facteurs de risque de propagation de micro-organismes.

Liens

FT Micro-organismes

* Résident: résidEnt au lieu de résidAnt: décision de l’AVDEMS




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Dernière modification le 12.01.2010