| Gastro-entérite à norovirus
Epidémiologie
Les norovirus (NV), de la famille des calicivirus, auparavant désignés sous le nom de «Norwalk-like virus», sont présents dans le monde entier et constituent l’une des causes les plus fréquentes de gastro-entérite non bactérienne («grippe gastro-intestinale») aussi bien chez l’enfant que chez l’adulte. Chez les nouveau-nés et les enfants en bas âge, les norovirus sont la deuxième cause de gastro-entérite aiguë après les rotavirus.
Ces dernières années, des poussées épidémiques de gastro-entérites dues au norovirus ont régulièrement été observées en Suisse comme dans tout le reste de l’Europe et en Amérique du Nord.
Plus de 90% des épidémies de gastro-entérites virales pourraient leur être attribuables. Ils causent des maladies chez les personnes de tout âge et dans tous les contextes. Les épidémies à NV touchent surtout des établissements tels que les hôpitaux, les établissements médico-sociaux (EMS) et les camps. Dans les institutions médicales, le personnel est généralement autant touché que les patients.
Les norovirus (NV) font partie de la famille des calicivirus et provoquent une gastro-entérite virale aiguë. Cette infection se transmet généralement de personne à personne. Ils sont le plus souvent transmis entre personnes par la voie féco-orale, directement ou par l’intermédiaire d’instruments ou de surfaces contaminés. Une personne symptomatique est hautement contagieuse, particulièrement si elle vomit, car elle génère ainsi des gouttelettes microscopiques capables d’infecter d’autres personnes ou de contaminer l’environnement. Dans de rares cas, la transmission peut aussi se faire par le biais d’aliments, d’eau de boisson ou d’un environnement contaminé. La dose infectante est très faible et 10-100 particules de virus suffisent déjà à provoquer une infection. L’infectiosité élevée s’explique notamment par la grande quantité de particules de virus excrétées dans les selles (1 ml de selles de patient peuvent contenir jusqu’à 107 particules de virus).
Il existe une grande diversité des souches avec la possibilité d’infections à répétition par des souches différentes. La transmission de ce type de virus se fait par gouttelettes, lors des vomissements et par contact en présence de diarrhées. La dissémination est très importante au début des symptômes et jusqu’à 2-3 jours après leur disparition, mais elle peut se prolonger (jusqu’à 2 semaines après disparition des symptômes) ce qui augmente le risque de transmission secondaire.
Les caractéristiques de ces virus sont à l’origine de nombreuses épidémies. Ces virus peuvent avoir une survie prolongée dans l’environnement (survie jusqu’à 12 jours sur un tapis) avec une excellente résistance aux variations de T° de –20 °C à +60 °C et aux désinfectants.
Alors qu’ils peuvent être présents dans l’eau potable ou des aliments, ils sont le plus souvent transmis entre personnes par la voie féco-orale, directement ou par l’intermédiaire d’instruments ou de surfaces contaminés. Une personne symptomatique est hautement contagieuse, particulièrement si elle vomit, car elle génère ainsi des gouttelettes microscopiques capables d’infecter d’autres personnes ou de contaminer l’environnement
Tableau clinique et traitement
Le virus est contracté par voie per-orale (par la bouche) et entraîne, après une période d’incubation de12-48 heures les symptômes typiques suivants: forts vomissements en jets incontrôlables et diarrhées (s'accompagnant de nausées, de crampes et de douleurs musculaires). Pendant la phase aiguë de la maladie, les vomissements sont au premier plan chez les enfants et les adolescents, tandis que les diarrhées prédominent chez les adultes. La maladie est le plus souvent bénigne et se résout spontanément en 12 à 72 heures. Elle provoque rarement une déshydratation grave. Son traitement est symptomatique et consiste à garantir un apport hydrique suffisant.
Diagnostic
La méthode de détection du virus dans les selles consiste à détecter le génome viral par la polymerase chain reaction (PCR). En raison de l’absence de traitement spécifique et de l’évolution habituellement rapidement favorable, l’utilité de la PCR est essentiellement épidémiologique.
Prévention
En cas d’épidémie débutante, la mise en place rapide de mesures pour interrompre la dissémination du virus est essentielle, particulièrement dans les établissements sanitaires. En l’absence de telles mesures, le taux d’attaque chez les patients et le personnel peut atteindre 90% et le fonctionnement de l’institution être gravement perturbé. Les principales actions consistent à instaurer des isolements pour les patients atteints (port de gants, blouses et masques chirurgicaux pour les soignants), à pratiquer une stricte hygiène des mains, à mettre au repos le personnel malade jusqu’à 2 jours après la disparition des symptômes et à intensivement désinfecter l’environnement à l’aide de produits actifs contre les virus dépourvus d’enveloppe (par exemple eau de javel, oxygène actif).
Documents annexes
FT : Gastro-entérite à Norovirus Prise en charge en EMS FT : Epidémie gastro-entérite à Norovirus- instruction de travail FT : Instruction de travail Norovirus - Epidémie prise en charge CHUV FT : Lettre Norovirus (nov 06) FT : Entretien de l'environnement au CHUV - Norovirus FT : Epidémie de gastro-entérite Liste patients malades FT : Epidémies de gastro-entérite Liste personnel malade
Références
OFSP, Norovirus. Caractéristiques biologiques, épidémiologie, tableau clinique, prévention, Recommandations pour la gestion des épidémies
http://www.bag.admin.ch/themen/medizin/00682/00684/01092/index.html?lang=fr
Date de publication: novembre 2005
Norovirus et gastro-entérites aiguës, Nicolas Troillet, Gérard Praz, Frank Bally, CONSILIA et Institut Central des Hôpitaux Valaisans
Volume 7 - Numéro 1, Janvier 2005. Rédaction CADUCEUS - Avenue Gd-Champsec 86 - Case postale 736 - CH-1951 SION - Tél.: 027 603

Dernière modification le
12.12.2008
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