Mesures d'isolement
L’application des mesures de contrôle et d'isolement sont diversement appréciées dans les différents pays. Au Canada où la prévalence des E. coli et de K. pneumoniae productrices d'ESBL se situe clairement en dessous de 5%, les patients ne sont souvent isolés que dans les unités de soins intensifs, et une décolonisation, ainsi qu'un screening des contacts et de l'environnement sont explicitement déconseillés.
Dans une majorité d’hôpitaux allemands, l'isolement de contact est recommandé lors de colonisation ou d'infection dans les hôpitaux de soins aigus. Les mesures de décolonisation, lorsqu'elles sont mentionnées, ne sont envisagées qu'après discussion avec le service d'hygiène hospitalière.
Dans les pays à prévalence élevée, tels que les Etats-Unis ou la Malaisie, un isolement de contact et une surveillance active sont recommandés dans pratiquement toutes les situations, quel que soit le taux d'endémicité locale. Une révision des recommandations est en cours. L'efficacité des mesures d'isolement pour réduire la colonisation et les infections est bien montrée dans un travail français (Eveillard, J Hosp Infect 2001;47:116). Bien que les mesures d'isolement et la surveillance active soient au centre des études rapportant un succès dans le contrôle d'épidémies, ces études souffrent de certaines limitations méthodologiques tels que l'absence de groupe contrôle, l'absence d'indépendance entre les diverses interventions, ainsi que des suivis limités. Dans une publication de l'OMS, on ne trouve pas non plus de recommandations fermes pour ou contre l'introduction généralisée de mesures d'isolement en présence d'entérobactéries multirésistantes. Lorsque des mesures d'isolement sont décidées, se posent la question de leur durée et des critères pour les stopper. Contrairement aux MRSA, il n'existe pas de donnée concernant le nombre de frottis négatifs requis pour lever un isolement. Là aussi, on extrapole à partir des données collectées avec les MRSA. C'est la raison pour laquelle les recommandations présentées ci-dessous sont basées sur l'état actuel des connaissances et relève d’un consensus des hôpitaux de soins aigus du canton de Vaud mais elle peuvent être modulées par les experts locaux.