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MRSA: Stratégie de prévention et de contrôle dans les consultations ambulatoires et lors de prise en charge par les centres médico-sociaux.

Stratégie

La stratégie de prévention et de contrôle dans les consultations ambulatoires et lors de prise en charge par les centres médico-sociaux (CMS) diverge de celle des établissements de soins aigus. Ceci résulte principalement des différences épidémiologiques existant entre ces deux types de populations. En effet, d’une part le risque d’infections graves à MRSA chez patient colonisé est faible dans la communauté et d’autre part, le risque de colonisation de l’entourage est rare en dehors de situations particulières (conjoint immunocompromis, ou présence dans l’entourage de personnes avec des plaies chroniques ou porteurs de dispositifs médicaux). En conséquence, les mesures proposées sont peu contraignantes et se basent essentiellement sur l’application des précautions standard associées exceptionnellement, dans des cas particuliers, à des mesures additionnelles.

Les données épidémiologiques actuelles à disposition montrent que la situation à domicile est très nettement moins préoccupante que dans les établissements de soins aigus où l'état de santé des patients les prédisposent beaucoup plus à développer une colonisation et une infection. En effet, les données disponibles suggèrent :

  • que le risque d'infection à MRSA dans la communauté est de < 1% (versus < 5% en EMS et 30-60% en soins aigus),
  • que la transmission du MRSA entre un porteur et ses proches n'est pas courante,
  • que seuls les proches avec des plaies ouvertes ou des dispositifs médicaux (cathéter intra-veineux, gastrostomie, trachéostomie, sonde vésicale) présentent un risque plus élevé d'être colonisés ou infectés par le MRSA.

Par conséquent, les mesures nécessaires à la prévention et au contrôle de la transmission du MRSA sont peu contraignantes. De plus, il est essentiel de situer le problème de la prise en charge d’un patient avec une plaie colonisée par du MRSA dans un contexte plus large de prise en charge d’un patient avec plaie. En effet, les plaies sont pratiquement toujours colonisées par des germes pathogènes. Dès lors, chaque prestataire de soins amené à s’occuper de tel patient doit prendre des mesures pour éviter la transmission de micro-organisme quel qu’il soit.

Recommandations pour les consultations ambulatoires et les CMS

Certains principes importants méritent d’être aborder lorsque l’on parle de prévention dans la communauté :

  • le fait d’être porteur de MRSA ne doit pas entraver un retour à domicile,
  • le patient porteur de MRSA doit avoir accès à des soins adéquats et aux services spécialisés ambulatoires (par exemple dialyse, rééducation cardio-vasculaire, physiothérapie, ergothérapie),
  • si les mesures d’hygiène simples sont respectées, le patient porteur de MRSA ne met en aucun cas la santé de ses proches (par exemple enfants, femmes enceintes), des autres patients suivis dans la même consultation, du personnel soignant et des autres membres de la communauté en danger.

1.·Traitement de l’infection

La prise en charge précoce d’un patient avec une infection permet de réduire le risque de dissémination du germe. Chez un patient infecté, le respect des précautions standard et l’isolement du site infecté (par exemple : pansement occlusif, couches de protection lors d’incontinence et infection urinaire) sont les mesures, très généralement suffisantes, pour limiter la dissémination du MRSA. Ces mesures s’appliquent chez tout patient infecté quel que soit le germe.

2.Précautions standard

3. Précautions additionnelles

La mise en place d’un isolement de contact à domicile n’est pas indiqué. Lors de consultation ambulatoire, ceci dans la mesure du possible, prévoir le rendez-vous en fin de consultation et d’éviter que le patient séjourne de façon prolongée dans une salle d’attente.

Pour les patients avec plaies infectées ou colonisées, prévoir la réfection du pansement en fin de programme de consultation puis procéder à une désinfection des surfaces de l’entourage immédiat du patient. Si la consultation a lieu en cours de programme, prévoir du temps entre deux consultations pour procéder à une désinfection des surfaces de l’entourage immédiat du patient.

La réfection du pansement doit se faire de façon aseptique aussi bien en consultation ambulatoire qu’à domicile.

Lors de soins à domicile, privilégier l’utilisation de matériel à usage unique. Le matériel à usage multiple doit faire l’objet d’un traitement adéquat (désinfection selon la procédure habituelle).

La prise en charge de patient porteur de MRSA par un centre de dialyse ne diffère pas de la prise en charge d’un autre patient et nécessite l’application des « précautions standard dialyse ».

4. Dépistage

Le dépistage du MRSA n'est pas recommandé en dehors de situations particulières telles que flambée épidémique ou enquête épidémiologique.

5. Décolonisation

Un traitement de décolonisation des porteurs connus de MRSA n'est pas recommandé de routine. La décision est du ressort du médecin traitant. Elle dépend avant tout de l'état clinique du patient. Une décolonisation est indiquée et avantageuse pour les patients porteurs de MRSA avec facteurs de risque, et en particulier pour les porteurs qui doivent subir une intervention chirurgicale, une dialyse ou chez des diabétiques traités à l'insuline. (Fiche technique 4).




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Dernière modification le 24.01.2006