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MRSA: Stratégie de prévention et de contrôle en CTR

Stratégie

Il existe peu de données disponibles en ce qui concerne les établissements de soins semi-aigus et en particulier en ce qui concerne les CTR. Ceci est en partie dû à la grande diversité des missions de ce type d’établissement. En effet le risque infectieux dépend directement du type de mission et du type de patients fréquentant l’établissement. La stratégie de prévention se situe donc entre la stratégie pour les soins aigus et celle pour les établissements de soins chroniques, et doit tenir compte des spécificités de chaque établissement.

Les mesures proposées dans ce document sont générales et peuvent donc être adaptées par les responsables de chaque établissement. Globalement, la stratégie proposée pour le dépistage et la prise en charge d’un patient infecté par du MRSA est identique à celle des établissements de soins aigus. Pour les patients colonisés les mesures à appliquer tiennent compte de la mission de réadaptation l’établissement et se limitent globalement à l’application des précautions standard.

Les données disponibles suggèrent :

  • que le risque d'infection à MRSA pour les patients colonisés se situe entre 30 et 60% ceci chez des patients hospitalisés en soins aigus et est directement dépendant de la présence de facteurs de risque comme la présence de sonde vésicale, de voies veineuses de plaies opératoires,
  • que la transmission du MRSA entre un patient uniquement colonisé et ses voisins de chambre n'est pas fréquente,
  • que seuls les patients qui ont des plaies ouvertes ou des dispositifs médicaux (cathéter intra-veineux, gastrostomie, trachéostomie, sonde vésicale) présentent un risque plus élevé d'être colonisés ou infectés par le MRSA.

Recommandations pour les CTR

1. Traitement de l’infection

Le traitement de l’infection est primordial dans la prévention de la dissémination du germe, car il contribue à diminuer et limiter le réservoir de MRSA. Les modalités de traitement de l’infection ne seront pas abordées dans ce document en raison du caractère individuel de ce type de mesures. Il est de la responsabilité de l’équipe médicale de l’établissement. La prise en charge précoce d’un patient avec une infection permet de réduire le risque de dissémination du germe. Chez un patient infecté, le traitement de l’infection, le respect des précautions standard et des précautions additionnelles (isolement de contact) sont les mesures recommandées.

Dans les situations avec infection peu grave et localisée (par exemple patient avec plaie contenue dans un pansement occlusif, patient porteur de sonde vésicale et avec bactériurie asymptomatique) un isolement du site infecté est suffisant.

2. Précautions standard

3.·Isolement de contact et ou isolement du site infecté

La mise en place d’un isolement de contact (hébergement en chambre individuelle, port de gants, surblouse lors de tout contact avec un patient) est indiquée en présence d’une infection à MRSA.

En présence d’une infection bénigne et localisée, l’isolement du site infecté (c’est à dire port de gants, surblouse lors d’un contact direct avec le site infecté et désinfection des mains après tout contact avec le patient) est suffisant.

Les mesures recommandées ci- dessus peuvent être abandonnées chez un patient porteur de MRSA si des résultats négatifs sont obtenus pour un minimum de deux cultures consécutives (incluant les produits d’écouvillonnage des narines, des plis inguinaux, des plaies ou tout autre site clinique préalablement positif) effectuées à au moins 2 et 4 jours d’intervalle après la fin du traitement de décolonisation. Pour les patients avec des plaies antérieurement colonisées par ce germe, il est recommandé de maintenir un suivi du  portage MRSA par des cultures appropriées tout au long de l’hospitalisation, en raison du risque de recolonisation des plaies.

4.·Décolonisation

Les patients infectés ou colonisés représentent le réservoir le plus important de MRSA. L’éradication de ce germe chez tous les patients devrait réduire le réservoir de MRSA dans l’établissement. Bien qu’un traitement de décolonisation n’assure pas toujours un succès à long terme la décolonisation il peut raisonnablement être recommandé chez les patients séjournants en CTR qui présentent une infection à MRSA ou qui présentent des facteurs de risque pour le développement d’une infection à MRSA. Une décolonisation est indiquée et avantageuse pour les patients porteurs de MRSA avec facteurs de risque, et en particulier pour les porteurs qui doivent subir une intervention chirurgicale, une dialyse ou chez des diabétiques traités à l'insuline, les patients avec dispositifs médicaux (sondes vésicale, voies veineuse, etc.) et les patients avec plaies chirurgicales ou chroniques. (Fiche technique 4).

Le traitement recommandé est :

  • Mupirocine onguent nasal durant 5 jours
  • Gluconate de chlorhexidine 4% savon, 1 toilette quotidienne (douche) durant 5 jours.

En présence d’une colonisation /infection locale de plaie :

  • Désinfection quotidienne des plaies avec un désinfectant à base d’iode jusqu’à guérison des plaies.

Ce traitement peut varier d’un établissement à l’autre et il existe d’autres alternatives qui sont détaillées dans un document associé (fiche technique 5).

5·Dépistage

Le principal réservoir du MRSA est le patient hospitalisé, colonisé par du MRSA. Il est donc utile de repérer les patients porteurs de MRSA, ceci afin de limiter les risques de transmission dans des situations à haut risque (séjour dans une chambre avec voisin colonisé ou ayant été colonisé).

Les indications de dépistage proposées en CTR comportent les situations suivantes :

  • lors du transfert d’un patient d’un établissement de soins (ou d’une région) à forte endémie de MRSA (>25% de MRSA),
  • lors de l’admission ou lors de la  réadmission de tout patient ayant des antécédents de colonisation ou d’infection à MRSA,
  • chez les patients ayant partagé ou partageant la même chambre (= voisins) au moment de la documentation du nouveau cas porteur de MRSA, détecté en cours d’hospitalisation.

La définition des termes ″voisin de chambre″ et ″région à haute endémie″ peuvent varier aussi bien au cours du temps qu’en fonction du type de services et d’établissements et ces notions sont décrites dans les procédures associées à ce document.

Le personnel soignant étant le plus souvent colonisé de façon transitoire avec du MRSA, il est rarement impliqué comme source de MRSA. Le dépistage du personnel est rarement indiqué, mais il peut être pertinent lors d’une flambée épidémique  ou dans un service à haute endémie de MRSA. Dans ces cas, le dépistage devra être limité au personnel en contact avec les patients colonisés ou infectés. Par contre les membres du personnel présentant des lésions cutanées (ou des dermatites) colonisées par du MRSA risquent de transmettre le germe aux patients.




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Dernière modification le 12.05.2006