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MRSA: Importance et évolution du problème

Le staphylocoque doré est une bactérie que l'on retrouve normalement sur la peau ou dans le nez d'un tiers de la population sans pour autant être à l'origine d'une infection (portage ou colonisation). Dans certaines circonstances il peut provoquer une infection (infection de la peau, arthrite, pneumonie, septicémie, etc.).

Le staphylocoque doré méticilline résistant (MRSA) est un staphylocoque doré sur lequel certains antibiotiques ont perdu leur efficacité. Le MRSA est en particulier résistant aux antibiotiques du type bétalactamines (par exemple Clamoxyl, Floxapen, Augmentin, Rocéphine, etc.). Certaines souches de MRSA sont devenues résistantes à pratiquement tous les antibiotiques. Cet épuisement des ressources thérapeutiques est la raison pour laquelle des mesures de prévention doivent être mises en place pour éviter la dissémination du MRSA. Ces mesures doivent être adaptées au type d'établissement et de patients, car le risque d'infection est variable : élevé ou très élevé dans certains services de soins aigus, bas dans les lieux de vie, négligeable dans le cadre familial, sauf exceptions.

Les MRSA sont présents partout dans le monde mais à une fréquence très variable. Jusqu'ici, ils affectaient presque exclusivement les patients séjournant dans des milieux de soins, en particulier, les établissements de soins aigus. Très récemment, des MRSA "communautaires" sont apparus, mais sont encore rares et ne sont pas concernés par le présent document. Jusqu'en 2001, les établissements de soins du canton de Vaud avaient été pratiquement épargnés grâce notamment aux mesures de prévention mises en place. En 2001, une épidémie s'est propagée, qui a notamment touché le CHUV malgré toutes les mesures mises en place. Les efforts consentis depuis lors ont permis de stabiliser la situation mais pas de retrouver les conditions antérieures. Dans le canton de Vaud la situation varie en fonction du type d’établissement et actuellement 10% de tous les isolats de Staphylococcus aureus isolés par le laboratoire de bactériologie du CHUV sont des MRSA. Les données à disposition pour 2003 laissent à supposer que la situation dans les autres principaux établissements de soins aigus du canton soit identique à celle du CHUV.

En ce qui concerne les EMS, deux enquêtes ont été réalisées récemment dans le Canton de Vaud, la première incluant 80 résidents et la seconde 382 résidents. Les taux de prévalence ont été de 1.4 et 2.4 % respectivement (prévalence du MRSA dans les structures de soins du réseau ARSOL en 2001, prévalence du MRSA dans 5 EMS de la région lausannoise en 2003). Ces données correspondent à celles d'une étude genevoise réalisée en 2001 qui a montré une prévalence de 2.4 % parmi 481 résidents. Cette étude genevoise est intéressante dans la mesure où les Hôpitaux Universitaires Genevois sont particulièrement touchés par le MRSA depuis plus de 10 ans, suggérant une faible relation entre taux observé dans un hôpital de soins aigus et taux dans les EMS desservant la même région. Autre fait intéressant dans ces études : les patients détectés n'étaient le plus souvent pas connus pour être porteurs de MRSA, illustrant les limites d'une stratégie de prévention qui ne s'appliquerait qu'aux cas connus.




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Dernière modification le 01.05.2006