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Infections du site opératoire (ISO)

En dépit des progrès réalisés dans le domaine chirurgical (amélioration des techniques, meilleure compréhension de la pathogenèse des infections, optimisation de l’utilisation des antibiotiques prophylactiques, etc.), les infections du site opératoire (ISO, autrefois appelées infections de plaie), continuent d’être une cause majeure de morbidité et de mortalité postopératoires. On estime que de telles infections affectent entre 2 et 5 % de tous les patients opérés et représentent environ un quart de toutes les infections nosocomiales. En fréquence, elles en sont la 2ème cause après les infections urinaires. Diverses études ont montré que ces infections prolongent l’hospitalisation de 7,4 jours en moyenne, et coûtent plusieurs milliers de francs par infection. Parfois, les coûts peuvent être très élevés et atteindre plusieurs centaines de milliers de francs. La létalité est estimée à 2-5 %. En Suisse, on peut estimer que les infections du site opératoire affectent environ 10’000 à 20’000 patients par année.

L’ISO a donc un impact important sur le patient, sa famille, et le système de santé.

La prévention des ISO passe par leur détection. En effet, la surveillance de ces infections et le compte rendu de leur taux aux soignants, tout particulièrement aux chirurgiens, sont associés à une réduction importante de leur incidence.

La prévention des infections postopératoires devrait constituer une priorité de santé publique. A l’heure du "benchmarking" (comparaison des performances entre hôpitaux), les institutions de soins, publiques ou privées, doivent mettre sur pied des programmes de surveillance et de prévention des infections nosocomiales. Une information de qualité implique entre autre une surveillance épidémiologique conduite par des groupes professionnels pluridisciplinaires et une interprétation adéquate et concertée des résultats obtenus.

Le CHUV a entrepris une surveillance des ISO dès 1996 qui se poursuit toujours actuellement. Cette surveillance s’exerce plus particulièrement sur quatre interventions du tractus digestif (cholécystectomies, appendicectomies, hernies, côlons, .....) et sur les interventions thoraciques.

Cette surveillance se fait dans le cadre d'un programme de surveillance du Swiss Surgical Site Infection Group (SSSIG). Ce groupe est piloté par Dr. N. Troillet, Institut central des hôpitaux valaisans et membre du groupe Swiss Noso.

D'autres hôpitaux vaudois participent actuellement à cette surveillance:

  • Groupement Hospitalier Ouest Lémanique, site Nyon
  • Hôpital Orthopédique (suivi des prothèses de hanches et de genoux)
  • Etablissements hospitaliers Nord Vaudois (EHNV) site d'Yverdon et St-Loup
  • Hôpital de la Riviera

L'objectif est d’étendre cette surveillance à tous les établissements de soins aigus du canton.

Méthodologie

La surveillance mise en place s’inspire largement du programme américain Nosocomial National Infection Surveillance (NNIS) développé par le CDC dès 1970. Il propose en effet aux hôpitaux des méthodes standardisées de surveillance (ainsi qu'une base de données multicentrique régulièrement mise à jour sur Internet et à laquelle des résultats individuels peuvent être comparés).

Définition d’une ISO

Le diagnostic d'ISO peut s'avérer difficile ou source de divergences entre observateurs. Des critères fiables et reproductibles sont donc nécessaires. Plusieurs définitions, faisant parfois appel à des scores, ont été proposées. Bien que certaines d'entre elles puissent être plus sensibles (J Hosp Infect 1998; 39: 119), les définitions des CDC réalisent un bon compromis entre la sensibilité, la fiabilité et les aspects pratiques (Infect Control Hosp Epidemiol 1992; 13: 606). Elles sont les plus largement utilisées actuellement et classent les infections en trois types, selon qu'elles:

  1. touchent uniquement la peau et le tissu sous-cutané (infections superficielles de l'incision),
  2. s'étendent au niveau des fascia et des muscles (infections profondes de l'incision)
  3. concernent les organes ou les cavités (infections d'espace)

Résultats

Un bilan annuel est restitué aux différents participants.
Ce bilan comprend:

  • le taux annuel d'ISO, comparativement aux autres hôpitaux participant au programme de surveillance
  • le taux annuel d'ISO, par chirurgien (résultat individuel par chirurgien)

Infections du site chirurgical : revue. Swiss-Noso 1996;3(1)




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Dernière modification le 08.01.2008